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Les droits de l'homme s'arrêtent la ou commencent ceux des affaires

Affaire Woerth-Bettencourt: La crème des enquêteurs sur le coup !

Une épidémie de vols de micro-ordinateurs se répand parmi les journalistes qui ont enquêté sur l’affaire Woerth-Bettencourt. Pour essayer d’y voir un peu plus clair, nous avons fait appel au nec plus ultra de l’enquête, j’ai nommé Holmes, Watson et Poirot.

Je vous livre en vrac le résultat de leurs premières investigations.

Chronologie des vols :

Les vols ont commencé par le journal qui est à l’origine des révélations sur l’affaire Woerth-Bettencourt. Le 7 et 8 octobre,selon Mediapart , deux CD-ROM regroupant les enregistrements pirates réalisés chez Liliane Bettencourt avaient été volés, ainsi que deux ordinateurs portables et un disque dur externe contenant des données confidentielles. Le vol a eu lieu dans les locaux de Médiapart. Aucun autre ordinateur ni outil de travail des autres journalistes n’a été dérobé.

Le jeudi 21 octobre, soit un peu moins de 15 jours après le vol dans les locaux de Médiapart, le domicile de Gérard Davet, un journaliste d’investigation du journal Le Monde, était cambriolé. Son ordinateur et son GPS ont été dérobés. Le journaliste raconte :

"Je me suis aperçu du cambriolage 24 heures après, le vol s’est a priori déroulé jeudi après-midi et je l’ai constaté vendredi, car c’était une période de forte actualité dans l’affaire Woerth-Bettencourt…Je me suis rendu compte que l’ordinateur portable sur lequel je travaille à domicile et stocke des documents avait disparu. Ainsi qu’un GPS. Rien d’autre ne manquait, alors qu’il y avait des objets de valeur, une chaîne hi-fi… J’essaye de comprendre. Après enquête, il s’est avéré qu’il y avait eu un cambriolage, a priori par une fenêtre qui était pourtant fermée. ».

Le samedi 23 octobre, ce sont les locaux du magazine Le Point qui faisaient l’objet d’un cambriolage. Outre l’ordinateur portable de Hervé Gattegno , spécialiste du dossier voir ce Bettencourt pour son journal, les ordinateurs de deux autres journalistes ont été volés. Les câbles qui protégeaient les ordinateurs ont été cisaillés.

Il y a dans cette chronologie quelques points troublants, quelques faits assez surprenants:

- les vols ont commencé par le journal qui est à l’origine des révélations sur l’affaire Woerth- Bettencourt .

- le temps qui s’est écoulé entre le premier vol et les 2 derniers. Cela donne l’impression que les voleurs, si tant est que les vols soient orchestrées, ont pris 15 jours pour étudier les contenus des objets volés et ont ensuite procédé à la substitution des ordinateurs des 2 autres journalistes. Souvenons-nous que Mediapart a toujours dit qu’il n’avait publié qu’une infime partie des enregistrements effectués au domicile de Liliane Bettencourt. Les enregistrements non publiés ne concernaient, d’après le journal, que des informations ne relevant pas du domaine public.

- les vols ne concernent pratiquement que les journalistes qui menaient des investigations sur cette affaire. Il serait intéressant de savoir, dans le cambriolage des locaux du Point, si les 2 autres journalistes, dont les ordinateurs ont été volés, travaillaient en étroite relation avec Hervé Gattegno.

- dans les 2 premiers cambriolages, ce sont bien les outils de travail des journalistes enquêtant sur l’affaire, et uniquement ces outils, qui sont visés. Ce qui veut dire que les voleurs savaient parfaitement où trouver les objets qu’ils convoitaient. Cela sous-entend que les journalistes étaient sous surveillance. Essayez donc de savoir où habite Gérard Davet, ou même de savoir où Mediapart entrepose le matériel d’enquête de ses journalistes, et vous comprendrez que ça n’est pas à la portée de n’importe qui.

- Quel intérêt de voler 2 CD-ROMs, dans un tiroir, pour un voleur lambda? Aucun! Par contre, sachant que la fille de Liliane de Bettencourt a déclaré avoir remis à la justice l’intégralité des enregistrements effectués, il se peut que le cambriolage ait eu pour but de vérifier que la justice, et le pouvoir en place, était réellement en possession de tous les enregistrements et qu’il permettent de savoir ce que savent les journalistes. On peut imaginer que si il y a sur les CD-ROMs des informations dont les journalistes n’ont pas parlé (jusqu’à présent ils n’ont porté à la connaissance du public que les enregistrements concernant le volet financement occulte de l’UMP, prétendant que le reste des enregistrements ne concernait que des parties de la vie privée de Liliane Bettencourt.), il est indispensable de faire en sorte qu’ils ne puissent jamais en parler. Auquel cas, il faut croire que ces informations concernent beaucoup plus de personnalité qu’on ne peut l’imaginer actuellement ou qu’elles apportent des preuves absolues, sous forme de témoignages ou de documents numérisés. Ce qui expliquerait le vol du disque dur, des CD-ROMs et des ordinateurs.

Le but de ces cambriolages serait alors, dans un premier temps, de faire disparaître les enquêtes des journalistes et/ou de faire disparaître des preuves. Sachant que le travail d’investigation est extrêmement long , nécessite de recueillir un nombre énorme d’information pour en tirer renseignements, notes de réflexion, de synthèse, comptes rendus d’entretien, la disparition de ce travail de fourmi, surtout s’il n’est pas dispatché sur différents soutiens informatiques de sauvegarde, représente un frein énorme à la poursuite du travail d’investigation et de publication de ses résultats. Cette série de vols aurait donc pour but de ralentir voire de dissuader les journalistes de continuer leur travail sur l’affaire Woerth- Bettencourt. Un autre effet pourrait être de dissuader des témoins éventuels de se confier à des journalistes présentés comme incapables de protéger leurs données.

Rappelons que l’objectif d’un vol est de s’approprier le bien d’autrui. La conséquence du vol est que le « volé » ne peut plus se servir de ce qu’on lui a pris. Psychologiquement, le vol, le cambriolage est ressenti comme un viol, une intimidation, une mise en position de faiblesse. Cela paraît évident mais il me semble important de le souligner.

Conclusions provisoires de notre équipe de choc:

Cette série de vols est pour le moins étonnante. On peut y voir le fruit du hasard comme on peut y voir (sachant à quel point les enquêtes menées par ces journalistes, leurs investigations, représentent un danger pour le parti présidentiel, pour le ministre du travail, et même pour le président de la République) une action concertée des services ou d’officines spécialisées dans le renseignement.

Partant de là, on peut émettre une série d’hypothèses sur ses vols.

1 – Compte tenu du fait que la série de vols touche des journalistes qui enquêtaient tous sur un sujet à haut risque pour le gouvernement. Compte tenu du fait qu’aucun gouvernement français n’hésite à faire appel à des officines pour supprimer ce genre de risque ,On peut facilement émettre l’hypothèse que les vols ont été commis par des agents de services secrets de l’État ou des officines de renseignements privées. Leur but étant alors de faire disparaître les enquêtes des journalistes. Au vu du matériel volé, on peut penser que la privation d’un travail extrêmement long, le vol de notes de réflexion des journalistes, va représenter un frein, si ce n’est la fin des investigations journalistiques. Surtout si aucune sauvegarde de ce travail n’a été réalisée par ailleurs.

2 – On peut aussi émettre l’hypothèse que ces vols sont le fruit du hasard. Hasard qui nécessite tout de même une parfaite connaissance des lieux, de leur système de protection et de la façon de travailler des journalistes. Mais bon, un cambrioleur sérieux prépare son cambriolage et on peut penser qu’il cherche en priorité ce type de renseignement. Ceci dit, 3 cambrioleurs différents, qui volent dans des lieux différents des ordinateurs de journalistes qui travaillent tous sur le même sujet, c’est une coïncidence qui n’est pas banale !

3 – À l’extrême, on peut imaginer que pour arrêter de voir leurs conversations professionnelles écoutées, d’être constamment surveillés, les journalistes eux-mêmes se sont mis d’accord pour annoncer que leur matériel et matériaux de travail ont disparu. Certes, l’hypothèse est intéressante, mais on peut objecter qu’il n’y avait alors aucun intérêt pour les journalistes de porter ces vols à la connaissance du public. Leur objectif étant de faire savoir au pouvoir en place, qu’ils baissaient les armes. Un simple dépôt de plainte était amplement suffisant pour que l’information remonte jusqu’aux intéressés.

4 – Enfin, il est tout à fait possible que ces vols aient été effectués par une officine de maîtres chanteurs, qui espèrent tirer de généreux profits des informations contenues dans les ordinateurs, les CD-ROMs, le disque dur subtilisés. C’est une hypothèse qui a été très peu évoquée, mais qu’il ne faut pas, par les temps qui courent, laissez tomber. On se souvient qu’il n’y a pas si longtemps, une certaine cassette vidéo faisait trembler la classe politique française …Néanmoins, il n’y avait nul besoin de voler des ordinateurs, de courir le risque d’être découvert pendant le cambriolage, alors que désormais on dispose de matériel qui permet soit de pirater des ordinateurs à distance et de façon très discrète.

Voilà pour les hypothèses qui peuvent être construites actuellement.

Médiapart a déposé une plainte, Gérard Davet également. A suivre…

Sources: Mediapart ; Le NouvelObs; Le Monde; Le Point ; Libération; Moréas;

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LA COMPLAINTE DU “PROC” EN HAUT DE SEINE

Cré-moé, cré-moé pas
Quéqu’ part en Haut de Seine
Y a un “proc” qui s’ennuie en maudit
Ses dossiers sont partis
Entre des mains ennemies
Dans un tribunal de Paris

Le proc est tout seul
Y r’garde le soleil
Qui descend doucement sur ses dossiers
Y pense aux caméras
En pleurant tout bas
C’est comme ça quand ton chef t’a lâché

REFRAIN:
Ça vaut pas la peine
De couvrir ceux qu’on aime
Pour faire oublier
Des affaires “mal famées”
Ça fait pas rire les gens
si ça dure trop longtemps
Ça fait plus rire personne
Quand c’est leur fric qu’on donne

Quand le proc s’ennuie
Y r’garde son poil qui brille
Comme les rues d’ Neuilly après la pluie
Y rêve à une promo
Etre chef des tribunaux
Y voudrait pouvoir refaire un show

C’est rien qu’une histoire
J’ peux pas m’en faire accroire
Mais des fois j’ai l’impression qu’c'est Courroye
Qui est assis sur la glace
Les deux mains dans la face
Ses dossiers sont partis pis y s’ennuie

REFRAIN
Ça vaut pas la peine
De couvrir ceux qu’on aime
Pour faire oublier
Des affaires mal famées
Ça fait pas rire les gens
si ça dure trop longtemps
Ça fait plus rire personne
Quand c’est leur fric qu’on donne

D"après : La complainte du phoque en Alaska, paroles et musique: Michel Rivard

Beau Dommage

Source : Youtube

 

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Philippe Courroye, la manœuvre fatale

Il est manifeste, lorsqu’on lit l’interview accordée par le procureur Générale de Versailles au JDD, qu’en s’attaquant une nouvelle fois à la juge Isabelle Prévost-Desprez, afin d’obtenir son dessaisissement du volet de l’affaire Bettencourt sur lequel elle enquête, le procureur Courroye vient de perdre la mainmise absolue qu’il avait réussi à garder dans l’affaire Woerth- Bettencourt. Visiblement, le procureur général de Versailles, en a assez de l’image déplorable de Justice survoltée et tendancieuse, que le procureur donne à sa juridiction.

Croyant probablement qu’une fois de plus, sa hiérarchie, impressionnée par ses relations haut placées, allait encore passer l’éponge sur ses « frasques » et ses animosités personnelles, Philippe Courroye, en accusant une juge indépendante d’avoir trahi le secret professionnel, n’a réussi qu’une chose, c’est qu’enfin la Cour de Cassation va être saisie et va décider si l’ensemble des dossiers constituant l’affaire Woerth- Bettencourt doit être confié à une autre juridiction et peut-être à un juge d’instruction.

Philippe Ingall-Montagnier, le procureur général de Versailles, supérieur hiérarchique du procureur Courroye, a en effet exprimé le souhait que tous les dossiers concernant l’affaire Woerth- Bettencourt quittent Nanterre. Pour ce faire il va saisir la chambre criminelle de la Cour de Cassation, présidée par Bertrand Louvel, à fin qu’elle se prononce sur un éventuel dessaisissement de l’ensemble des dossiers concernant cette affaire.

Ce qui veut clairement dire que, si la Cour de Cassation le décide, Philippe Courroye perdra la main sur les enquêtes préliminaires.

Adieu veaux, vaches, cochons, plus moyen d’étouffer l’affaire ou d’obtenir une promo. Plus moyen d’être sollicité par les médias ( ce qui flatte tout de même bien l’égo et permet de se faire connaître)…

Mais revenons sur les accusations portées par Philippe Courroye.

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Les sarkozistes et les contre-pouvoir

Parlement, Justice, Médias, autant de contre-pouvoir qui, si ils jouent bien leur rôle, ont été mis en place très judicieusement par des générations d’hommes et de femmes politiques, de toutes tendances confondues, afin qu’en aucun cas la République Française et le système démocratique ne puissent tomber entre les mains d’un dictateur.

Curieusement, s’il y a une seule chose notable dans le comportement de Nicolas Sarkozy et du gouvernement, c’est leur constance, leur opiniâtreté, à détruire tout contre-pouvoir, toute opposition à l’exécutif, par tous les moyens possibles, et en particulier:

- Le passage en force :

Disposant au Parlement,depuis 2007, d’une majorité large mais parfois récalcitrante, ils se fichent totalement de ce que peut bien dire l’opposition parlementaire et même les manifestants (au pouvoir de prétendre que lorsque il y avait une grève, désormais on ne la voyait plus).

Toutes leur énergie est concentrée sur le maintien de cette majorité parlementaire, de sa discipline de vote. Pas si difficile que ça finalement quand on sait que c’est principalement grâce au financement de l’UMP que tous les parlementaires de la majorité présidentielle sont élus et pourront l’être. Seulement, il semble nécessaire parfois de le leur rappeler.

Il est arrivé au cours de ces trois dernières années, que certains parlementaires de la majorité présidentielle tentent d’enlever leurs godillots on s’ennuie tellement lors des pseudo débats s’ils se trompent de boutons de vote. La machine de discipline UMP se met alors en branle, n’hésitant pas à faire annuler un vote parlementaire défavorable à sa politique, sous des prétextes plus ou moins farfelus ou en exerçant probablement une forte pression sur les députés et sénateurs récalcitrants, dans les « coulisses des palais », afin d’obtenir le vote désiré. Le dernier exemple en date, illustrant cette stratégie ayant eut lieu au Sénat, pour le vote de la loi LOPSI2.

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Affaire Woerth-Bettencourt: Enquête préliminaire pour "financement illégal de parti politique ou de campagne électorale". Suite….

II – Les éléments « à charge »

Dans cette affaire relatée largement pendant le mois de juillet, plusieurs éléments « à charge » ont été mis à jour. Il s’agit d’éléments matériels ( mémo, enregistrements, carnets et agendas) et des témoignages ( secrétaire d’André Bettencourt, comptable de Liliane Bettencourt, Majordome et Chauffeur des Bettencourt, Patrice de Maistre)
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