Pour tout vous dire…

Les droits de l'homme s'arrêtent la ou commencent ceux des affaires

Résistant, rebelle, terroriste

Farid à lancé un débat très important et intéressant sur la résistance.

Ce débat prend tout son sens à l’heure actuelle, alors que la police française ne s’est pas pliée à une décision de justice autorisant la manifestation de Reporter sans frontière.

Ce débat prend tout son sens alors que se prépare l’action du 10 novembre 2008

En effet, un débat sur le mot et la forme ne saurait avoir d’intérêt que s’il amène à se poser des questions de fond. Les mots ont un sens (et même plusieurs) et un impact émotif, psychologique et culturel sur l’auditeur, le lecteur. Réfléchir sur ce que le mot veut dire permet d’en envisager tous ses sens possibles. Nous ne sommes faits, intellectuellement que de mots, d’assemblages de mots, de concepts et c’est ce qui nous mène à l’action, à la réaction ou à l’inaction.

En Europe, le mot résistance bénéficie encore d’un fort capital positif, lié à notre passé récent. C’est grâce à l’action conjuguée des résistants et des alliés que l’Europe a été libérée du joug nazi. Il y a une quasi sanctification de l’acte et du mot Résistance. Sanctification qui fait qu’on a quelques difficultés à le ramener à ses sens « non historique », comme l’a fait si bien Farid.

Il faut cependant bien qualifier les actions et réactions des nombreux peuples qui, ces 50 dernières années, résistent contre des invasions territoriales répétées, contre des agressions non dissimulée. Deux mots sont privilégiés : Rebelle et terroriste.

·         Le rebelle n’est généralement pas bien perçu. C’est quelqu’un d’ingérable, de révolté, d’hostile…voire d’immature (l’adolescent rebelle en est le meilleur « porte drapeau »). Autant de défauts qui, dans nos sociétés d’ordres et de sécurité, génèrent une forte méfiance, antipathie, une envie de le dompter, de le remettre dans le rang !

·         Le terroriste, lui, c’est encore pire, il fait carrément peur, est imprévisible, violent. C’est un « nuisible » qu’il faut éradiquer.

Ainsi, alors que nous avons respect et admiration pour nos parents et grands parents qui résistèrent, sommes nous amenés à n’avoir que répulsion, peur et dégout, contre d’autres êtres humains qui ne font que défendre leurs droits contre des envahisseurs.

Ainsi, comme le souligne Farid, sommes nous tétanisés à l’idée de mener le même type d’action que nos ancêtre, alors que nous percevons clairement que nous sommes face à une invasion caractérisée de notre espace vital commun.

Pour abonder dans les exemples que donne Farid des actes de résistances actuels et de leur présentation médiatique, je prendrais l’exemple tchétchène. Cas typique d’une invasion territorial d’un pays souverain par un autre pays (ça devrait convenir à Falconhill!).

Médiatiquement, dès le premier jour de cette invasion ( dont on c’est bien gardé de dire le nom), les habitants du pays qui ont refusé le fait accompli, n’ont pas été présentés comme des résistants ( la référence historique du mot, aurait sans doute permis aux européens les plus anciens de faire le parallèle avec leur vécu et donc d’aboutir à l’idée d’une invasion territoriale!). On les a qualifiés de rebelles, puis leurs actes devenant de plus en plus violents et ciblés sur l’armée russe, de terroristes.

Et pourtant leurs actions n’étaient-elles pas justifiées, de plein droit ? N’y avait-il pas annexion, par la force, de territoires, de richesses, de souveraineté nationale et populaire.

Intéressant l’emploi de ces deux qualificatifs, rebelles et terroristes, par les médias et le monde des « politiques » ! Révélateur du monde qu’ils nous préparent.

Intéressant, également, que nous acceptions tout cela massivement « sans broncher ».

Cela vient-il d’une déficience psycho-physiologique ? Sommes-nous victime d’un lent travail de « mise au pli » psychologique qui viserait à éradiquer toute pulsion réactive ?

Les réponses n’arriveront jamais. Seul le constat est possible. Nous résistons de moins en moins, que ce soit aux attaques virales, comme aux attaques mentales et culturelles. D’aucun parlerait de fin de race ou de fin de civilisation…

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Classé dans:Culture politique, Politique,

One Response

  1. J-B. B dit :

    Je ne suis pas du tout d’accord avec le début de l’article. Sans vouloir me lancer dans la philosophie, les mots ne sont rien : ils servent juste à communiquer, à décrire des concepts ou des objets. Néanmoins, les mots s’attachent à certains concepts en fonction de l’environnement (au sens large), du contexte. Durant l’occupation, les médias à la solde de l’Allemagne nazi et de la France collaboratrice nommaient « terroristes » les actuels héros de la résistance. Le système dominant impose sa vision des choses avec ses propres concepts servant ses propres intérêts. Il ne tient qu’à nous de les défaire.

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