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Les droits de l'homme s'arrêtent la ou commencent ceux des affaires

Naïveté, inexpérience, idéalisme à l’UMP?

Il est de bon ton, pour certains « gens de droite » lorsqu’ils parlent de la Gauche, de traiter ses leaders comme ses militants, où ses sympathisants, de "naïfs", “inexpérimentés dans l’art de gouverner”, "idéalistes" .
Autant de qualificatifs que la Droite, qui se prétend réaliste, pragmatique et expérimentée dans "l’art de gouverner", emploie très ( trop) souvent pour disqualifier , discréditer, la Gauche.
Il m’a parut amusant, et pas inintéressant du tout, de montrer qu’ils pouvaient s’appliquer à N.Sarkozy et à sa majorité présidentielle, dans les trois mises en œuvre récentes de leurs décisions.

Naïveté avec les banques
Dans une interview au journal le Parisien du 7 août 2009, Daniel Cohn-Bendit déclarait : « Nicolas Sarkozy et son gouvernement sont d’une naïveté incroyable : ils ont cru que les banques seraient raisonnables. Or le capitalisme n’est pas capable de s’autoréguler. La logique du capitalisme, c’est toujours plus. Le seul moyen de faire une économie sociale de marché, c’est d’imposer une régulation qui empêche le n’importe quoi. C’est marrant, actuellement on n’entend pas madame Parisot et tous ces gens-là. Ils sont en vacances et tout va bien Madame la Marquise. »
Comme la majorité des Français, Daniel Cohn-Bendit n’a pas été plus surpris d’apprendre "que les banques s’apprêtent à verser à nouveau d’énormes bonus à leurs traders":
"Je n’ai pas été surpris car les banquiers sont sans foi ni loi et croient que le monde entier leur appartient. Le seul moyen vis-à-vis des banques renflouées avec de l’argent public, c’est que l’on ait une régulation législative afin d’empêcher le paiement des bonus et de surtaxer les banques pour qu’elles ne le fassent plus. C’est d’ailleurs ce que va faire Obama. Pour l’opinion, c’est incompréhensible que quand les banquiers sont en difficulté, c’est l’argent public qui les renfloue, et dès que les banques vont mieux, ils se renflouent eux-mêmes !"

Force est donc de constater que malgré son discours sur la bonne moralisation du capitalisme (qui tarde à se concrétiser), N.Sarkozy est naif. Il a cru que les banquiers, en échange de milliards prêtés à taux zéro,  allaient lui obéir et investir cet argent dans la relance de l’économie. Il n’en est rien.
Ce défaut qui consiste, très naïvement, a donner, sans contreparties concrètes, de l’argent public, n’est, à la lumière de ce que nous venons tous d’apprendre sur le comportement des dirigeants des banques, absolument pas le privilège des hommes et femmes de gauche. Nicolas Sarkozy, son gouvernement, sa majorité présidentielle, viennent de nous démontrer.

Inexpérience vis à vis des restaurateurs
S’empressant de tenir une promesse faite par Jacques Chirac, Nicolas Sarkozy avait confirmé, au printemps dernier, la baisse de la TVA dans la restauration à 5,5 %. L’Elysée a cependant précisé que le président souhaitait "aller vers 5,5% en prenant en compte les fortes contreparties qui devront être apportées par la profession de la restauration lors des états-généraux prévus avant fin avril.
Très rapidement mis en oeuvre, ces états généraux avaient donné naissance à un accord non coercitif entre le gouvernement et les organisations professionnelles.
Ce contrat d’avenir prévoyait que, en contrepartie de la baisse de la TVA, chaque établissement baisse de 11,8% le prix d’au moins 7 produits de sa carte, fassent des efforts dans le domaine de l’emploi et des grilles de salaire.
Mise en œuvre le 1 juillet 2009, la baisse de la TVA, au bout de pratiquement deux mois d’expérimentation, ne donne pas les résultats escomptés.
D’après la DGCCRF qui a réalisé "un peu plus de 3.750 contrôles" du 6 au 10 juillet, il s’avère que "20% des établissements ont respecté l’esprit de l’accord", à savoir la baisse d’au moins 7 produits.
Les toutes premières observations faites pour le cabinet spécialisé Gira Conseil estimaient à 30% (Paris et province) le nombre de restaurants qui affichaient une baisse des prix.
Pour ce qui concerne les emplois, des grilles de salaire, pour l’instant, aucune information sur le respect de l’esprit de l’accord n’a encore été officialisée.

N.Sarkozy a cru que les restaurateurs allaient répercuter la baisse de TVA sur leurs prix et que cela bénéficierait au pouvoir d’achat des Français.Il n’en est visiblement rien, deux mois après la mise en oeuvre de la baisse de la TVA dans la restauration.

Il serait étonnant que les bénéficiaires de cette baisse appliquent termes de l’accord dans les mois à venir puisqu’il n’y sont pas contraints.
Cette confiance absolue, dont a fait preuve Nicolas Sarkozy et son gouvernement, dans la mise en place de cette décision (qui va tout de même coûter à l’État une perte de rentrées fiscales préjudiciables à l’équilibre du budget) est significative d’une inexpérience en matière de négociations, qui est loin, comme le prétendent certains, d’être le privilège de la gauche.

Idéaliste vis à vis des employeurs
Dernier exemple, et non des moindres, l’appel à volontariat pour pour le travail du dimanche.
Si l’on en croit les témoignages de salariés qui commencent à parvenir dans les médias, la situation idéale décrite par la majorité présidentielle, le gouvernement et le président de la République, lorsqu’ils ont défendu leur projet, est très éloignée de la situation réelle des salariés.
Le volontariat n’est déjà pas respecté lorsqu’il s’agit de travailler un jour férié et l’on peut se demander pourquoi, alors que la nouvelle loi offre une autoroute aux employeurs pour faire ce que bon leur semble, ils agiraient autrement que par la menace, la pression, une forme très subtile de « chantage licenciement ».
J’en veux pour preuve ce qui s’est passé au BHV de la rue de Rivoli qui a décidé de rester ouvert le 15 août , de 10 heures à 19 heures.

L’idéalisme qui consiste à croire que « tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil » est, en matière de conditions de travail, extrêmement dangereux.
Nicolas Sarkozy a peut-être cru sincèrement que les employeurs feraient uniquement appel à des volontaires pour travailler le dimanche. Malheureusement, de très nombreux exemples commencent à montrer que tel n’est pas le cas.

Il est indiscutable que faire preuve d’un idéalisme « béat » lorsqu’il peut avoir des conséquences sur l’aggravation des conditions de travail des salariés est bien plus qu’un défaut. C’est une faute. Une faute grave.

Idéalisme, inexpérience, naïveté, nous venons de le voir, ne sont en aucun cas des défauts uniquement imputables aux gens de gauche.
Il me semble que :

  1. Faire perdre des milliards, en pleine crise financière, à un État dont les caisses sont vides.
  2. Faire un cadeau fiscal, sans se donner les moyens de contraintes, à une partie minime de la population alors que le plus grand nombre de cette population frôle chaque jour la précarité,
  3. Précariser les conditions de travail de millions de salariés à un moment où les licenciements se multiplient chaque jour davantage,

n’est pas vraiment la preuve de la compétence de qui que ce soit à gouverner un pays.

Sources:

Le Parisien

L’express

Le Point

L’Humanité

Le Monde

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