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Les droits de l'homme s'arrêtent la ou commencent ceux des affaires

Fillon, Penchard…un certaine idée de la démocratie et de la République.

Si les propos de Mme Penchard , Ministre de l’Outre-mer du gouvernement Fillon, ont choqué , c’est principalement parce qu’ils portent atteinte à un des principes fondamentaux de la République énoncé à l’article 1er de la constitution:

« La France est une République indivisible, laïque, démocratique et sociale ».

« Une République indivisible », cela veut dire qu’aucune partie du peuple, ni aucun individu, ne peut s’attribuer l’exercice de la souveraineté nationale et que l’unité et l’indivisibilité garantissent une application uniforme du droit sur l’ensemble du territoire national."

Un principe que la Ministre en exercice semble avoir totalement mis de côté, quand elle a affirmé : "je n’ai envie de servir qu’une population, c’est la population guadeloupéenne ! "

Mais au delà de la violation de se principe républicain,qui est à elle seule une faute grave, se trouve une nouvelle faute "morale" cette fois ci.

Prétendre qu’on servira une population particulière est un leurre clientéliste envers les électeurs. Il consiste à leur faire croire qu’ils seront représentés ( en tant que personne, qu’habitant d’un ville d’un département ou d’une région) par le candidat. en occultant la véritable nature du mandat sollicité et le droit des élus à la liberté de vote. Ce leurre est consécutif au hiatus qui existe dans nos démocraties ,entre le mandat représentatif et le mandat impératif.

A sa décharge Marie-Luce Penchard n’est pas la seule à laisser planer le doute sur la nature du mandat qu’elle brigue. Ce qui explique les arguments de défense de Luc Chatel ,de Hervé Mariton et d’Eric Raoult (UMP). Ils mettent sur le dos du "contexte de campagne électorale" , la profession de foi de la candidate Penchard et sa promesse sous entendue de ne pas laisser échapper "500 millions d’euros vers d’autres collectivité ultra marines"

Il n’en reste pas moins que prétendre qu’une fois élu, on va mener une action uniquement dédiée aux électeurs qui vous auront délégué leurs pouvoirs est un mensonge.

  • C’est oublier de préciser qu’au nom de la liberté de vote, nul n’a le droit de dicter quoi que ce soit à un élu. Le candidat, une foi élu n’est pas tenu de respecter les engagements qu’il aurait éventuellement pris devant ses électeurs.

  • C’est taire que ce droit des élus est garanti par la constitution et qu’ils ne sont absolument pas les représentants, les porte-parole d’intérêts particuliers ou partisans.

  • C’est occulter totalement que le mandataire représentatif peut agir en tous domaines comme bon lui semble ( dans la mesure ou il respecte la loi commune). Il ne court qu’un seul risque: celui de ne pas être réélu si il se présente une nouvelle fois devant les mêmes électeurs.

Leurre mensonger qui est donc une pratique courante issue d’une déviance de la Démocratie "Rousseauiste". Mais je n’irais pas jusqu’à affirmer, comme le fait Dominique Perben, député UMP du Rhône, ancien ministre des DOM-TOM : qu "il n’y a rien à redire à cela".

Mentir et bafouer un principe Républicain c’est, dans une démocratie, un acte grave et condamnable. A ce titre, tant le Parti communiste, dans son communiqué, que ceux qui se sont élevés contre les propos de Mme Penchard ont raison de rappeler à l’ordre cette ministre de la République.

Que François Fillon, alors qu’il a en charge de déterminer et conduire la politique de la nation, accepte qu’un membre de son gouvernement bafoue un principe républicain et mente aux électeurs, donne une image très nette de sa conception "de la démocratie" et du haut niveau de son seuil de tolérance en ce qui conserne ses "amis" et partenaires.

Que le chef du gouvernement ose ramener à une polémique dérisoire les réactions à cette grave attaque d’un principe républicain, est assez significatif du peu de considération dont il fait preuve envers la République….

En constatant ,depuis plus de deux ans, à quel point François Fillon avait abandonné ses pouvoirs constitutionnels à Nicolas Sarkozy et à ses conseillers non élus du peuple, on savait qu’il faisait peu de cas de sa fonction de premier ministre.

On sait désormais le peu de cas qu’il fait des principes et des institutions de la République.

L’apathie du Président de La République , qui se contente d’un simple avertissement à la ministre, laisse penser qu’il approuve ces derniers dans leur irrespect des textes constitutionnels. .

Comment n’avoir pas de sérieux doutes sur la pérennité de la République Française, si celui la même qui, selon l’article 5 de la Constitution, doit veiller, par son arbitrage, au respect du texte constitutionnel, et assurer le fonctionnement normal des pouvoirs publics et la continuité de l’État reste sans réactions proportionnée a l’ampleur de la faute commise?

Sources: Linfo.re ;ViePublique ; Zetud ; Wikipédia ; NouvelObs ; RFO ; Libération ; PCF ;Le Figaro ; 20Minutes ; Légifrance ;

Classé dans:Politique

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