Pour tout vous dire…

Les droits de l'homme s'arrêtent la ou commencent ceux des affaires

Martine Aubry serait-elle "la mère protectrice des agriculteurs?

En affirmant,comme le relate Le Parisien, samedi 27 février, lors de son passage à Saint-Renan (Finistère) que "le président de la République a abandonné les agriculteurs", Martine Aubry, qui décidément hésite pas à dramatiser à outrance, semblent vouloir postuler au rôle de«mère protectrice des agriculteurs».

Il me semble en effet extrêmement outrancier et inapproprié d’employer le terme "abandonné" lorsqu’on parle de l’absence du président de la république à l’ouverture du 47e salon international de l’agriculture.

Je voudrais simplement rappeler à Martine Aubry que François Mitterrand, alors qu’il fut président de la république pendant 14 ans, n’a jamais mis les pieds au salon de l’agriculture. Il ne s’y est rendu qu’en mars 1981, alors qu’il était en campagne pour l’élection présidentielle. Est-ce pour autant qu’il a abandonné les agriculteurs ?

Mon propos n’est pas de défendre Nicolas Sarkozy, qui, chacun le sait, a laissé le soin à Bruno Lemaire, ministre de l’agriculture, d’inaugurer aujourd’hui le 47e salon international de l’Agriculture.

Les agriculteurs jugeront eux-même, comme ils l’ont fait pour François Mitterrand ou le candidat à la présidentielle Lionel Jospin, de l’importance ou pas de l’absence du Président de la République à l’ouverture de cette manifestation qu’ils considèrent comme la "vitrine" de la qualité de leur travail et de leur savoir faire…

Non, mon propos est de souligner la pauvreté argumentaire de la première secrétaire du Parti Socialiste quand elle rencontre les agriculteurs. Ces derniers sont durement frappés par la crise financière et par l’industrialisation de leur activité. Cette industrialisation , comme elle l’a fait avec les commerçants, lamine les plus fragiles au profit des plus puissants financièrement et malheureusement les moins compétents professionnellement et écologiquement.

Pauvreté argumentaire, parce que, de tout ça Martine Aubry n’a pas parlé.

Elle s’est très vaguement contentée d’affirmer qu’il n’y avait pas, comme secteurs d’avenir en France, que l’industrie et les services, mais, qu’à ses yeux, l’agriculture était également un secteur d’avenir. Elle a affirmé préférer des "prix rémunérateurs" au maintien de subventions qui font des agriculteurs "des assistés". Elle a évoqué la création de "nouveaux outils de régulation" au sein de la politique agricole commune (PAC).

Reconnaissez qu’avec de tels discours, qui sont vagues, généraux, technocratiques, les agriculteurs n’ont pas vraiment de quoi se sentir rassurés!

Si j’écris ces quelques ligne c’est, également, pour déplorer que la première secrétaire du parti qui se prétend LE porteur des valeurs de gauche, se prête avec une complaisance et un plaisir certain au petit jeu démagogique qui consiste à flatter les préjugés "pour accroître sa popularité pour obtenir de conserver le pouvoir" ( Le Petit Larousse illustré).

Peut-on, en effet, ne pas penser à de la démagogie, lorsqu’on entend Martine Aubry faire l’apologie de Jacques Chirac qui, selon elle," aimait l’agriculture et il connaissait les problèmes des agriculteurs." et dans la foulée tirer à boulets rouges sur "le CAC 40 et les banquiers" qui "se foutent des agriculteurs, et leurs amis, dont le président, encore plus".

Étonnant tout de même que la première secrétaire du parti socialiste limite sa critique du CAC 40 et des banquiers à la seule population des agriculteurs! Le autres corps de métiers apprécieront….

J’ignore si, comme le prétend Martine Aubry, l’absence du président de la république à l’ouverture du salon de l’agriculture est lié au fait ce qu’il avait peut-être peur de recevoir quelques tomates. Je l’ignore et je m’en contrefiche.

Par contre, ce qui m’importe, en tant que "femme de gauche", c’est d’avoir des porte-parole, des représentants qui ne se contentent pas à longueur de médias de faire campagne uniquement en pointant uniquement les défauts de leurs adversaires, en taclant le président de la république.

Ce qui m’importe , en tant que citoyenne, c’est que les porte-parole et les représentants politiques ne se contentent pas d’abaisser le débat démocratique en se moquant, en critiquant, en rabaissant leurs adversaires (ou prétendus tels).

Ce qui m’importe, c’est que tous ces gens, qui prétendent nous diriger, élèvent le débat en nous proposant des pistes de solution aux graves problèmes auxquels nous sommes tous confrontés.

Qu’ils arrêtent donc de nous prendre pour des incapables alors que, la preuve en est faite chaque jour, c’est grâce au plus grand nombre des Français, à leur travail, à leur savoir-faire, à leurs compétences professionnelles, à leurs initiatives, à leur sens des responsabilités, que l’économie du pays continu tant bien que mal à permettre au plus grand nombre de subvenir à leurs besoins et aux plus pauvres d’entre eux de ne pas sombrer totalement dans l’indifférence et la misère. C’est grâce a tout ces citoyens que le lien social est maintenu, contre vents et marrées.

Au-delà de l’humilité qui consiste à penser qu’ils ne sont pas les seuls à avoir la capacité à régler les problèmes qu’ils ont eux-mêmes créés, j’attends que les prétendants à la direction du pays , que ce soit à sa tête ou dans chacune de ses subdivisions administratives, acceptent enfin que nous puissions remettre en question leurs pistes de solution et en proposer de plus innovantes et mieux adaptées à la situation réel du "terrain" français.

Bref, j’attends, en particulier du parti socialiste et de ses dirigeants, qu’ils se montrent dignes, dans leurs paroles et dans leurs actes, de présider à la destinée d’un pays de plus de 64 millions d’habitants.

Ce n’est pas Martine Aubry (ni ceux qui l’ont porté à la tête du parti socialiste), par sa récente attaque contre les élus du Languedoc-Roussillon et par ses propos sur l’agriculture, qui va me convaincre que le parti qu’elle représente est suffisamment porteur des valeurs démocratiques de respect des individus, de partage équitable entre tous, de solidarité économique et sociale, de responsabilisation des individus, d’élévation des consciences. Croyez bien que je regrette amèrement, tant il apparaît chaque jour clairement que ce n’est pas non plus Europe écologie et ses représentants médiatisés qui sauront porter ces valeurs

Martine Aubry aura beau tenter de se présenter comme « la mère protectrice des agriculteurs », je crains pour elle que ces derniers ne soient pas dupes de l’opportunisme de son indignation. Il va lui falloir élargir sa protection à tout ceux qui sont atteint par le crise économique et surtout, préciser très vite et de façon détaillée comment elle entend exercer cette "protection"….

Source: Le Parisien

Publicités

Classé dans:Comprendre, Politique, , , , ,

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

Mon twitter

Archives

%d blogueurs aiment cette page :