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De la fête des fous à l’apéro facebook

Et si ces apéros géants qui effraient les gouvernants, au point qu’ils ne savent plus "à quel saints se vouer" pour les interdire , n’étaient qu’une façon de retrouver la trace et de renouer avec les saturnales ou la « fête des fous »?

À l’époque romaine, les Saturnales étaient la manifestation de la fête de la liberté et du monde à l’envers. Jour de liberté des esclaves à Rome, ces derniers devenaient les maîtres et les maîtres obéissaient aux esclaves. Les Saturnales ont laissé des traces au Moyen Âge dans la fête des fous.

La tradition française de la Fête des Fous et de la fête de l’âne était très populaires au Moyen Age. Ces fêtes duraient de 1 à 3 jours. Un « monarque de folie » était désignée parmi chaque confrérie. C’était ces monarques qui étaient le plus souvent chargés d’organiser les réjouissances, aidés par le Roi de la Jeunesse de chaque village et chaque ville. Ces Rois de la Jeunesse étaient plus particulièrement chargés d’organiser le tapage ou le charivari indispensables pour une bonne fête des fous.

Sur le plan social, on peut considérer que ces journées étaient des « mini-révolutions » au sens ou une fois qu’elles avaient eu lieu, tout redevenait comme avant, mais ou, pendant leur déroulement, tout changeait dans le système sociale et religieux.

Ces journées de fêtes, favorites des déshérités et des exclus, furent un temps de liberté où « les domestiques devenaient les maîtres et les maîtres les domestiques ».

Elles étaient une forme de compensation à la dureté et la précarité de la vie de tous les jours. Les valeurs établies de la société, les conventions sociales, étaient renversées et la religion était tournée en dérision de façon extrêmement satirique et débridée.

Elles permettaient de soulager les tensions et pressions sociales, en libérant la parole et en parodiant les autorités. Pendant quelques jours le peuple pouvait tout dire aux puissants, en toute impunité.

Ces fêtes étant souvent le cadre de débordements violents( n’oublions pas qu’en ces temps là, tout le monde était armé). Dans les campagnes, des villages entiers s’adonnent à des jeux virils, comme la soule, ou l’eteuf, où tous les coups sont permis, et qui se soldent parfois par des morts violentes.

Elles furent dans un premier temps mises sous la surveillance de compagnies d’hommes armés, réquisitionnées pour prévenir les émeutes. La première condamnation fut proclamée au Concile de Bâle en 1431, un ban fut publié le 31 décembre 1519 pour rappeler la condamnation de l’Église.

Puis elle furent progressivement interdite par les instances religieuses et civiles (Richelieu).

Ces fêtes des fous et autres saturnales n’étaient rien d’autre qu’une manière pour le peuple, en agissant à la manière des rois et en faisant prendre la place des sages par les fous, de renvoyer l’image du ridicule et des abus auxquels ceux qui le gouvernait, tant civilement que moralement, se livraient.

Aujourd’hui, dans notre société cloisonnée, surveillée, ou l’avenir, pour les plus jeunes d’entre nous, est plus à la pauvreté qu’à la richesse, ou les castes se reconstituent subtilement mais surement, ou la pression morale du « tout économique » à remplacé la pression religieuse, ou les experts sont les sages d’antan,ou l’espace publique est investit par le commerce, ou les fêtes sont organisées par le pouvoir économique, quel possibilité reste-t-il à l’individu social d’affirmer sa liberté?

Il me semble que l’émergence des apéros géants est une réponse à ces experts qui ont le monopole de l’expression et de l’organisation de nos vies et qui semblent penser qu’à part eux, nul ne saurait comprendre les mystère de la gouvernance. En ce sens, voyant leur monopole mis en cause, on peut alors comprendre que “les puissants” tentent d’enrayer ce mode d’expression , comme l’ont fait les autorités de l’ancien régime…

Ces apéros « spontanés » seraient alors une façon, pour les participants, de retrouver cette vielle tradition des saturnales et de la fête des fous et de dire, comme Jean Cocteau: "Puisque ces mystères. nous dépassent, feignons d’en être les organisateurs"

Sources: Journal d’un avocat ; Renaissance en France ; Wikipédia ; phareouest ; Patchou Blog

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