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Les droits de l'homme s'arrêtent la ou commencent ceux des affaires

Réforme des retraites : radicalisation, gouvernement 0 – mouvement protestataire 1

Malgré les 24 heures de propagande intensive de ces dernières 24 heures, sur les ondes et à la télévision, le gouvernement et la majorité présidentielle n’ont réussi qu’à mettre en évidence le ridicule de leur discours et leur mépris pour tous ceux, élus politiques, parlementaires, citoyen français, qui s’opposent à leur réforme des retraites.

Manifestement, le mot d’ordre gouvernemental était de faire croire que cette réforme était un devoir qui était assuré de façon calme, sereine, ouverte à la discussion, mais ferme sur les « bornes d’âge ». Certains on même essayé de diviser pour mieux régner en affirmant que l’emploi des séniors permettait l’emploi des jeunes…oubliant de préciser que cet axiome ne fonctionnait que quand les salaires des séniors sont élevés et que l’ économie est florissante….

De toute évidence, Éric Woerth a jugé bon d’aller « prêcher les convaincus » au siège parisien de l’UMP, puis de répéter sa litanie sur les ondes, Notamment au Grand jury RTL.

Xavier Bertrand semblait « entendre des voix » lorsqu’il affirmait,lors du forum Radio-J, que les Français n’étaient pas contre la réforme, Alors que selon un sondage IFOP pour Sud-Ouest dimanche, 7 Français sur 10 estiment que le mouvement est justifiée

Bruno Le Maire, quant à lui, a cru bon de faire peur aux petits pensionnés français, en leur faisant croire que si cette réforme n’était pas faite, leur retraite ne serait plus payée

Quant à Brice Hortefeux, hormis son lapsus sur les empreintes génitales, aucune créativité dans son discours, pas plus que dans celui de Luc Chatel, puisqu’il n’a fait que mettre en avant la pédagogie et la nécessité de cette réforme. Éléments que nous sommes des millions de français à chercher désespérément ….

Bien entendu, mis à part les militants de l’UMP et quelques supports de la majorité présidentielle, personne n’a cru un seul des propos de tout ce petit monde et tous les Français ont bien compris que le seul but des manœuvres actuelles était de gagner du temps en attendant le vote de cette réforme par le Sénat et le début des vacances scolaires !

Une stratégie comme une autre qui risque tout de même fort de capoter.

À l’heure où j’écris ce billet, 368 amendements doivent encore être examinés par les sénateurs. À raison de 10 amendements par heure, nous avons désormais la certitude que cette loi ne sera pas votée par le Sénat avant le début de la semaine prochaine. A question ne sera donc pas réglée avant le début des vacances scolaires et de ce fait, la vigilance et la mobilisation ne retomberont pas.

En pariant sur la possibilité que les vacances scolaires atténuent les mouvements sociaux, étudiants et lycéens, le gouvernement joue à quitte ou double. Car il oublie que dans ce mouvement social contre la réforme des retraites, les étudiants et les lycéens ne sont qu’un des paramètres. Il est tout à fait possible que si ces derniers ralentissent ou diminuent leur investissement dans les manifestations, les salariés et les chômeurs prennent la relève. Auquel cas, la stratégie de pourrissement ne pourrait plus s’appuyer que sur une dislocation de l’union syndicale.

Il est vrai que la Confédération Générale des Cadres ( qui représente 10% des cadres) a déjà annoncé qu’elle renoncerait à des manifestations terrain au profit d’un lobbying qui n’a absolument rien de démocratique mais tout du corporatisme, dès que la loi sera votée par le Sénat.

Mais, il ne pourra en être de même pour les autres organisations syndicales. Pour la seule et unique raison qu’elles ont toutes en tête que depuis le début du mois de septembre, l’opinion publique s’est radicalisée et soutient massivement les manifestations contre la réforme des retraites.

Si l’on analyse l’étude effectuée par Owni.fr, on se rend compte, d’une part, que la pédagogie du gouvernement n’a pas convaincu les opposants à sa réforme des retraites mais, et c’est le plus important, qu’elle a fait massivement basculer les « Sans opinion » du côté de ceux qui soutiennent les manifestations contre cette réforme. Alors que le pourcentage de ceux qui soutiennent les manifestations contre la réforme des retraites passent de 62 % à 71 % en octobre, le pourcentage de ceux qui sont contre augmente de 2 %, passant seulement de 16 à 18 %.

Les syndicats, qui je le rappelle, non de raison d’être que parce qu’ils défendent l’intérêt des salariés, savent parfaitement que faire marche arrière, juste au moment où l’opinion publique et les salariés, soutiennent les actions pour bloquer la mise en œuvre de cette réforme, leur ferait perdre toute crédibilité et pour très longtemps . Compte tenu du déclin syndical que l’on connaît en France depuis plus de 40 ans, il faudrait être totalement suicidaire pour ne pas saisir l’opportunité de se refaire « une santé », en brisant l’élan unitaire et solidaire qui renaît actuellement en France !

Dans ce bras de fer qu’a volontairement instauré le gouvernement, les formations syndicales ont beaucoup à gagner en restant dans leur rôle de défenseurs des droits des salariés et en refusant de jouer le maigre rôle de « figurant godillot » que leur propose le gouvernement. Ils ne risquent absolument rien en soutenant les salariés, eux-mêmes soutenus très majoritairement par l’opinion publique. Alors que le gouvernement et sa majorité présidentielle risquent beaucoup, non seulement dans les jours qui viennent, mais aussi en 2012.

Nous l’avons dit, plus le gouvernement rigidifie son comportement, affirme la nécessité de cette réforme sans la démontrer avec des preuves irréfutables, plus l’opinion publique est défavorable à cette réforme est plus elle condamne la fermeté de Nicolas Sarkozy face aux grèves et aux manifestations.

Il est probable que dans ce comportement rigide, le Président de la République essaye, comme le souligne le journal le Point, de récupérer une partie de l’électorat du centre. Mais là aussi, sa stratégie de pseudo fermeté, bien loin d’être interprété comme une vertu est interprétée comme un défaut.

Alors les politologues, les éditorialistes, peuvent prétendre que les manifestations ne changeront rien et que la réforme des retraites sera adoptée et mise en œuvre. C’est peut-être le mot d’ordre qu’on leur a donné ou c’est peut-être leur conviction profonde. Mais eux comme nous ne savent absolument pas de quoi demain sera fait. Et pour aujourd’hui, la seule certitude que nous ayons tous c’est que la radicalisation de l’opinion est en faveur de ceux qui ne veulent pas de cette réforme des retraites en l’état.

Sources : Le Point; Wikio; OWNI; Le Monde; Europe1; Le Parisien;France5

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