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Les droits de l'homme s'arrêtent la ou commencent ceux des affaires

Pourquoi je ne publie plus d’articles sur le Post.fr.

Certains lecteurs qui m’ont fait l’honneur de lire mes articles, lorsque je les publiais sur le Post.fr, me demandent encore pourquoi j’ai arrêté de publier sur ce site.
Avec le recul, je peux désormais leur répondre de façon assez complète.
Comme je l’ai déjà expliqué dans un précédent billet, j’ai supprimé mon compte sur le Post.fr, pour manifester ma désapprobation à la façon dont cet éditeur faisait respecter les règlements auxquels chaque inscrit été tenu de se soumettre. Ayant été la cible de très nombreuses attaques en règle, portant plus sur ma personne que sur mes écrits, et constatant que les personnes qui se livraient à ses attaques bénéficiaient d’une impunité totale, il était hors de question que je me prête à des jeux malsains.
D’autant moins question que 2 ans auparavant, sur le site et soutien du Modem, j’avais déjà été l’objet de telles attaques. Or, si ces attaques m’avaient paru, de la part de pseudo démocrates, quelque peu déplacés, étant à l’époque « encartée » au Mouvement Démocrate, j’avais tenu bon car je poursuivais un objectif militant : l’instauration, conformément à ce que François Bayrou prônait, d’une démocratie participative, à fin de faire de la politique autrement. Pour moi, faire de la politique autrement consistait à sortir des attaques personnelles et à établir des débats de fond, au cours desquelles les personnes se respectaient. Au bout de 2 ans, constatant que ni la direction du Mouvement Démocrate, ni ses militants les plus anciens, ne souhaitaient qu’une telle démocratie s’installent au Modem, ma présence sur ce site n’avait absolument plus aucune raison d’être. Ma présence au Modem non plus, c’est pourquoi nous ne n’est pas renouvelé mon adhésion à ce parti politique qui n’était, somme toute, qu’une UDF maquillée "comme une voiture volée".
En m’inscrivant sur le Post.fr, je ne poursuivais aucun objectif militant, au sens politique du terme. Néanmoins, ce site se targuant d’être un site de débats en plus d’être un site d’information, il me paraissait un bon moyen d’exprimer mes idées et d’en discuter avec d’autres internautes.
Je n’ai jamais caché à personne mon bref passage au mouvement démocrate, ni le fait qu’en 2007, après la défaite au premier tour de François Bayrou, j’avais fortement milité pour un report des voix démocrates sur la candidate Ségolène Royal. Elle ne paraissait alors et me paraît aujourd’hui encore, être, de tous les candidats présents sur l’échiquier politique, celle qui est la plus apte intellectuellement, déontologiquement et pratiquement à modifier profondément la démocratie élitiste qui nous prive un peu plus chaque jour de nos droits de citoyen. Qui plus est, elle présente l’énorme avantage d’avoir quelques décennies d’avance sur les autres politiciens de métier, en ce qui concerne l’écologie « pragmatique » qui m’est chère. Bref, pour un tas d’autres raisons, je n’avais aucunement à me cacher de mes opinions sur le Post.
Je n’avais, non plus, pas à cacher qu’après avoir côtoyé, il y a 30 ans, certains des apparatchiks du Parti Socialiste actuel, j’en avais gardé une très mauvaise opinion, tant sur les valeurs dont ils auraient dû être porteurs, que sur les actes dont ils étaient capables. Il était acquis pour moi, après l’expérience récente du Modem et après celle plus ancienne du Parti Socialiste, que je ne militerai plus pour un parti politique français.
Malgré tout je comptais bien exercer mon droit de citoyen français à exprimer mes opinions, à les défendre sans pour autant être étiquetée ou attaquée personnellement pour cela. Je comptais également que les personnes avec qui je partageais certaines valeurs, certaines opinions, seraient présentes à mes côtés si ses valeurs et ses opinions étaient attaquées. C’est, de mon point de vue, bien plus que l’appartenance au même parti politique, le minimum qu’on puisse attendre entre personnes qui se disent camarades.
Cependant, malgré plusieurs vagues, sur 6 mois, d’attaques plus virulentes les unes que les autres, cette solidarité a été, à de très rares exceptions près, totalement absente. Plus encore, lorsque ces attaques venaient de la branche "gauchisante" du Parti Socialiste, j’ai pu observer, chez des personnes qui prenaient visiblement du plaisir à venir commenter mes articles, ou à s’y référer, une certaine réprobation envers moi lorsque je me permettais de répondre à ceux qui m’attaquaient.
Comportement décevant, mais peu surprenant quand on connaît le poids des normes de groupe. Comportement des attaquants lui aussi tout à fait explicable car correspondant avec le moment où, pour mon plus grand malheur, mes articles ont commencé à être fréquemment mis en avant par la rédaction du Post. J’en ai assez vite déduit que tout ce petit monde était intéressé non pas par le contenu de ce que j’écrivais, mais par la visibilité que mes passages “en Une” donnaient à leurs commentaires. Il est évident que toutes ces personnes ne venaient commenter, attaquer mes propos, que parce qu’ils savaient qu’ils allaient être lus par 1 grand nombre de personnes. D’une certaine façon, je leur permettais à moindre coût, de faire passer leurs idées sans qu’ils n’aient à se fendre d’un article, d’une réflexion approfondie sur un thème. Une forme de parasitage publicitaire, en quelque sorte, qui n’a rien à voir avec le débat d’idées mais avec la propagande. Une forme de “m’as-tu-vu” qui illustre la vacuité intellectuelle de ces gens-là.
Avec le recul, j’ai réalisé que ma décision de ne plus publier de billets sur le Post était liée à mon refus de servir de" femme sandwich" à ces gens-là. Car, au final, c’est à ce rôle qu’ils m’avaient réduite.
Mais ils n’étaient pas les seuls, la rédaction du Post avait également tout intérêt à ce qu’il y ait un grand nombre de commentaires à mes articles, et ce, quelle que soit la qualité des commentaires. Cela je l’ai réalisé le jour où j’ai décidé, après avoir insisté pendant 4 jours pour que mon compte soit supprimé, de supprimer, un par un, les 400 commentaires qui suivaient mon dernier billet. J’ai pu alors compter le nombre de publicités qui étaient incrustées entre ces commentaires. Par curiosité, je suis allée regarder sur tous mes billets qui avaient paru en une, ce qui m’a permis de constater qu’au fil du temps, plus j’accédai à une certaine « renommée », plus il y avait de lecteurs à mes articles, plus il y avait de publicité entre les commentaires. Donc plus il y avait, pour l’éditeur de possibilité de se faire de l’argent.
Soyons clairs, je n’ignorais pas, lorsque je me suis inscrite sur le Post, que la publicité était un des moyens de financer ce type de média en ligne. Dans la mesure où cela permettait à l’équipe de journalistes débutants d’avoir un emploi et d’être correctement payé, cela ne me gênait pas, loin de là. Par contre, j’aurais aimé de la part de la rédaction du Post, surtout à partir du moment où j’ai généré grâce à mes articles, un nombre conséquent de lecteurs, qu’au moment où j’ai été attaquée personnellement, elle se manifeste un peu plus en ma faveur qu’elle ne l’a fait. De cela, il n’a été nullement question, et ce malgré mes très nombreuses réclamations, signalisations de non-respect de la Charte du Post. Je n’ai pas une vocation de martyrs des médias ni un sens du sacrifice suffisamment développé pour accepter d’aider des gens qui ne m’aident pas en retour. Et cela m’a conforté dans ma décision de supprimer mon inscription au Post.

Enfin, grâce à l’échange de mail avec un des journalistes du Post, j’ai pu réaliser que je ne publiait pas des articles pour gagner de l’argent et encore moins "pour la gloire".
Essayant de me convaincre de ne pas supprimer mon compte, il soutenait que je passais souvent en Une, que j’avais beaucoup de lecteurs et que j’étais appréciée. Certes, cela pouvait paraître flatteur. Seulement voilà, je ne fais pas parti de ces internautes blogueurs qui vérifient sans arrêt le nombre de visiteurs de leur sites, qui n’aspirent qu’à être classé dans le Top 50 des blogueurs influents. Lorsque je publie un article, je cherche plutôt  à dialoguer (parfois avec moi-même), à échanger des idées, même avec un nombre infime de personnes et en toute discrétion. Alors, vous imaginez à quel point, la mise en lumière de mes idées provoquant des attaques personnelles virulentes, pouvait aller à l’encontre de ce que je recherchait. Cela ne m’apportait que des ennuis !
Enfin, à la satisfaction générée par l’impossibilité de lire des dialogues enrichissants est venue s’ajouter une autre insatisfaction, celle d’être prise dans un système très pervers qui consiste à réagir à chaud sur des événements politiques afin de publier quotidiennement. On tombe assez vite, en écrivant ainsi, dans la futilité, la superficialité d’une analyse bâclée. Et cela uniquement pour faire du chiffre : nombre de lecteurs, de commentaires, de personnes qui apprécient vos articles, etc. J’en étais arrivée à faire tout le contraire de ce que j’aime lorsque j’écris !

Vous comprendrez avec ce qui précède que n’ayant pas la vocation de femme sandwich, ni de marathonienne de l’écriture et ne poursuivant pas un objectif de satisfaction d’une vanité mal placée, ma présence sur le Post n’avait aucune raison d’être.
Au final, mon départ du Post m’a totalement libéré de l’emprise dans laquelle je m’étais moi-même enfermée. Et je me suis fait plaisir en n’offrant plus de tribune non modérée à certains militants paresseux et opportunistes.
Cela m’a aussi permis de prendre de la distance avec certains militants “de gauche” dont je désapprouve totalement le comportement, non seulement par ce que j’en ai vu au travers de leurs commentaires sur le Post mais également dans ma vie professionnelle où j’ai pu constater qu’ils savaient se montrer parfois beaucoup plus intransigeants, méprisants et individualistes que des militants du libéralisme.
Ça ne veut pour autant pas dire que mes valeurs humanistes, socialistes, sont écornées et que je voterai à droite lors des prochaines élections. Mais cela veut dire qu’il est hors de question que je me retrouve contrainte par quelques militants que ce soit à dire et à faire ce que je ne veux pas dire ou faire. Le militantisme tel que le pratiquent ces gens-là, ceux du Mouvement Démocrate ou ceux que j’ai croisé sur le Post, me paraît totalement obsolète, inintelligent, avilissant. En 30 ans il n’a pas évolué, il ne m’intéresse pas.

Je n’ai pas pour vocation d’être le porte-parole de qui que ce soit, à part moi-même. Que certains m’en aient voulu de ne plus être à leurs côtés, sur le Post, pour défendre leur "cause", je peux le comprendre. Mais j’aimerais beaucoup qu’ils comprennent eux aussi, et plus particulièrement ceux qui se gargarisent de mots comme solidarité, entraide, etc., qu’il y a eu des moments où moi aussi je leur en ai voulu de ne pas mettre ces mots en pratique lorsque j’étais attaquée sous leurs yeux.
Voilà, j’espère que j’ai répondu à tous ceux qui depuis quelques mois m’envoient des messages personnels pour me demander pourquoi je ne publie plus d’articles sur le Post.fr.

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