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Les droits de l'homme s'arrêtent la ou commencent ceux des affaires

Quand Nicolas Sarkozy flatte ses fidèles grognards

La conférence de presse donnée Nicolas Sarkozy en ce lundi 24 janvier 2011 étaie officiellement l’occasion le président de la République Française d’expliquer comment il entendait présider G20. Pendant 25 minutes, il a évoqué, façon impressionniste, les principaux points qu’il compte proposer à la réflexion des membres du G20  .

Il a été question d’un code de conduite sur les flux des capitaux, d’une réforme des statuts du FMI, d’une taxe sur les transactions financières, que Nicolas Sarkozy considère comme « une taxe morale, utile pour dissuader la spéculation et efficace pour trouver de nouvelles ressources pour le développement ». Mais il ne veut pas de contrôle des capitaux.

Histoire de gommer l’image peu sociale qui s’accrochent à ses basques et à celles de l’UMP, surtout depuis la réforme des retraites,il a évoqué très vaguement la possibilité d’un socle de protection sociale universelle (?) avant de plancher sur quelques points concernant l’actualité internationale.

Compte tenu de l’imprécision du projet de gouvernance qu’il présentait à la presse, je ne crois pas cette conférence de presse avais un autre intérêt que celui de conquérir les 350 journalistes qui avaient été conviés.

N’oublions pas que pour les ultralibéraux comme Nicolas Sarkozy, les médias, et principalement les journalistes qui en sont les salariés, ont une importance stratégique de premier ordre quand on part à la conquête du pouvoir… ou quand on essaie de la garder.  Ils sont les “relais de la bonne parole”, les missi dominici de notre époque… Et comme ces derniers, depuis quelque temps, se montrent nettement moins courtisans, dociles et/ou serviles, qu’au début du mandat présidentiel, une opération de charme était absolument nécessaire.

Manifestement cette opération de charme a lieu ce lundi.

Objectif : obtenir des journalistes qu’ils modifient l’image que Nicolas Sarkozy a pu donner de lui-même ces deux dernières années. Celle d’un président éloigné des préoccupations du peuple,  et peu respectueux des lois protégeant les médias.  L’image d’un homme maitrisant mal la langue française  et assez peu cultivée.

Moyens : parler culture, se rapprocher physiquement les personnes présentes.

Et c’est ainsi que Nicolas Sarkozy a fait un exercice  de prise de parole très contrôlé, et de réponses aux questions des journalistes, pendant lequel aucune agressivité n’a transpiré envers eux, quand bien même la première question ne concernait pas directement la présidence du G20, ce qui en d’autres temps auraient généré une petite phrase cinglante.

Puis, pendant trois quarts d’heure, Nicolas Sarkozy s’est mêlé à la foule des journalistes, espérant probablement leur faire totalement oublier la vacuité de ses propos précédents. Il a alors travaillé son image d’homme "cultivé", parlant de littérature, de télévision, de cinéma, commentant les livres qu’il avait appréciés ou pas, les séries télé qu’il regardait en couple, comme le font les Français moyens.

Pendant trois quarts d’heure donc, Nicolas Sarkozy a dévoilé à des journalistes visiblement ravis son univers culturel…

En lisant l’article que le Journal du Dimanche a consacré à cette conférence de presse, je n’ai pu m’empêcher de penser à Napoléon qui, avant les batailles, faisait le tour des campements militaires et flattait ses fidèles grognards l’un en l’appelant par son nom, l’autre en lui tirant paternellement l’oreille

Ceci dit, comme dans les batailles napoléoniennes, rien n’est gagné d’avance et le grognards savaient bien qu’ils avaient plus de chance , en allant au casse-pipe, d’y laisser leur peau que Napoléon ! Les journalistes, comme eux le savent parfaitement.

Je doute que les électeurs et les adversaires politiques du pouvoir en place se soient laissés prendre au petit jeu du candidat perpétuel qu’est Nicolas Sarkozy. Nous verrons dans les jours prochains ce qu’il en est.

En attendant, Jacques Attali n’a pas hésité, après avoir entendu les propos de Nicolas Sarkozy, à brocardé ce qu’il a rebaptisé "G vain ", affirmant qu’il ne présentait à ses yeux "aucune importance …Certes, il faut une gouvernance mondiale, mais le G20 ne remplit pas ce rôle". Outre le fait que le G20 ne sert qu’à dégager des règles visant à "financer les bonus des traders avec les impôts des contribuables d’après-demain", Jacques Attali pense qu’il "masque un G2 entre les Etats-Unis et la Chine.

Ségolène Royal, qui assistait à l’une des universités populaires participatives que Désirs d’Avenir organisait sur le thème de la crise de l’Euro, a lucidement déjoué l’action de communication de Nicolas Sarkozy en en relevant les carences : "Nous n’avons aucune réponse, ni aucune stratégie d’action" sur "la question centrale" qui est posée, celle du "contrôle des banques", qui n’a "pas été abordée". "S’il y avait des décisions qui mettaient en application ce qu’il a déjà annoncé, ce serait déjà un pas en avant considérable".

Il y a au moins deux socialistes qui ne se sont pas laissés prendre à la mascarade de cette conférence de presse en listant ce qu’ils auraient fait à la place de Nicolas Sarkozy.

Espérons que les journalistes feront preuve de la même lucidité.

Sources: Le Monde; Le NouvelObs ; Le Parisien; Rue89;  ; Le JDD;

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