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Les droits de l'homme s'arrêtent la ou commencent ceux des affaires

Circulaire Valls : toujours plus, pour expulser plus – Syndicat de la magistrature

Circulaire Valls : toujours plus, pour expulser plus – Syndicat de la magistrature

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Circulaire Valls : toujours plus, pour expulser plus

Les associations exigent le retrait du texte

Communiqués de presse, publié le 27 mars 2014, mis à jour le 27 mars 2014

Action collective d’associations et de syndicats dont le Syndicat de la magistrature, l’ACCAT, les Avocats pour la défense des droits des étrangers, le COMEDE, le GISTI, le MRAP, Médecins du Monde, la LDH, la Cimade, le Syndicat des avocats de France

La circulaire du ministère de l’Intérieur datée du 11 mars 2014 relative aux priorités pour l’année 2014 dans la « lutte contre l’immigration irrégulière » met à jour le double discours de Manuel Valls qui, devant la presse, se targue de rompre avec la « politique du chiffre » pour mieux se féliciter, dans ce texte, de ce que « le niveau total des éloignements forcés atteint son plus haut niveau depuis 2006 » et élaborer un plan destiné, à tous les échelons, à accélérer les reconduites.

En effet, ce texte encourage les préfets à user de tous les moyens de coercition avec le concours de la police : contrôles d’identité ciblés, interpellations des personnes à leur domicile ou dans les foyers où elles sont hébergées, enfermements en rétention, assignations à résidence avec obligation de pointage, retours « volontaires » fortement incités, placements en garde à vue, condamnations pénales des récalcitrants. Les associations et les travailleurs sociaux sont poussés à participer à la localisation et au contrôle des personnes alors que leur rôle est de les accompagner et de leur porter assistance.

Avant tout perçus comme des fraudeurs ou des indésirables, tous les étrangers sont visés, y compris les plus vulnérables, qui peuvent être éloignés rapidement en dépit de leur situation de santé ou humanitaire.

Les demandeurs d’asile sont particulièrement ciblés. Aussitôt leur demande rejetée, les préfets devront les expulser au plus vite, au détriment de leurs droits à un recours effectif et sans considération pour leur situation personnelle et leurs attaches en France. Ils sont alors exclus du dispositif d’hébergement d’urgence de droit commun, pour être assignés à résidence et étroitement surveillés. Le principe fort de l’accueil inconditionnel de toute personne à la rue en situation de détresse est ainsi remis en cause alors qu’il est garanti par le code de l’action sociale et des familles.

Au prétexte d’efficacité, le ministère compromet leur sécurité et celle de leurs proches, en imposant à l’OFPRA de communiquer des documents afin d’obtenir des laissez-passer pour l’expulsion. Ce rôle assigné à l’OFPRA va à l’encontre de la confidentialité des demandes d’asile et démontre l’incompatibilité de sa mission avec la tutelle exercée par le ministère de l’Intérieur.

Cette circulaire encourage les expulsions vers le pays d’origine plutôt que vers un autre État Schengen où plus de 10 000 personnes étaient pourtant légalement admissibles en 2013. Cette politique vise donc à gonfler ces expulsions hors UE, en violation des droits des personnes concernées dont les attaches se trouvent en Europe (famille, travail, logement, droit au séjour).

Les associations et syndicats défendant les droits des étrangers dénoncent cette circulaire attentatoire aux droits les plus fondamentaux des migrants et les pratiques scandaleuses auxquelles elle incite les préfectures. Ce signal est extrêmement inquiétant à quelques semaines de la discussion sur le projet de loi portant sur la réforme de l’asile en France.

Le 27 mars 2014

Liste des signataires : Action des chrétiens pour l’abolition de la torture (ACAT), Avocats pour la défense des droits des étrangers (ADDE), Association pour la reconnaissance des droits des personnes homosexuelles et transsexuelles à l’immigration et au séjour (ARDHIS), Comité d’aide aux réfugiés (CAAR), Centre d’action social protestant (CASP), Comité pour la santé des exilés (Comede), Centre Primo Lévi, Dom’Asile, Espace-accueil aux étrangers, Fédération des Associations de Solidarité avec les Travailleur-euse-s Immigré-e-s (FASTI), Fédération de l’entraide protestante (FEP), Fédération nationale des associations d’accueil et de réinsertion sociale (FNARS), Groupe accueil et solidarité (GAS), Groupe d’information et de soutien des immigrés (Gisti), Jesuit refugee service (JRS France), La Cimade, Ligue des droits de l’homme (LDH), Médecins du monde (MdM), Mouvement contre le racisme et pour l’amitié entre les peuples (MRAP), Observatoire citoyen du CRA de Palaiseau, Réseau chrétien immigrés (RCI), Réseau éducation sans frontières (RESF), Syndicat des avocats de France (SAF), Syndicat de la magistrature (SM). »

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Après l’élection présidentielle : le plan de bataille des financiers

Après l\’élection présidentielle : le plan de bataille des financiers – Vidéo Dailymotion

regardez bien cette vidéo avant de voter dimanche!

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Municipales 2014 : ce sera l’abstention militante – De Nitro-Politic

Municipales 2014 : ce sera l’abstention militante – De Nitro-Politic

« Pendant dix longues années, nous avons tous supporté des gouvernements de droite, qui ont même fini avec Sarkozy par avoir des relents d’extrême droite avec des appels permanents à la détestation de l’autre, l’étranger, le musulman, le rom mais aussi le pauvre, l’ « assisté  », le pas rentable.

Puis sont arrivées les élections présidentielles d’avril et mai 2012, il fallait virer le plus calamiteux des président de la Vème république et voter pour le candidat François Hollande qui promettait et signait qu’enfin les responsables  des crises successives allaient contribuer au redressement des comptes publics qu’ils pompent depuis 30 ans.
Le 6 mai 2012, les socialistes, les écologistes, les frontdegauchistes, les extrêmegauchistes, les syndicalistes, les humanistes (je connais même des anarchistes) nous avons quasiment tous décidé de voter pour l’homme qui promettait, dur comme fer, qu’il allait enfin réguler et remettre à sa place les rois de la finance.….

Souvenons-nous aussi de la lettre de François Hollande à Arnaud Montebourg  dans l’entre-deux tours des primaires socialistes: « Je veux d’abord te dire mon accord sur la nécessité de reprendre le contrôle politique du système financier. »

Mais ça c’était avant, avant d’obtenir le poste, un storytelling bien orchestré par une multitude de communicants, de think-tanks, d’officines proches de la dite finance. Dans les faits voilà ce qui s’est passé :
– Hollande a signé le Traité sur la stabilité, la consolidation et la gouvernance (TSCG) et la France n’a pas changé d’un cil la politique d’austérité prônée par l’UE via Angela Merkel.
– La loi sur la séparation des activités de crédit des opérations spéculatives des banques est une baudruche pour amuser les gogos.
– La « grande réforme fiscale », aux oubliettes, les pigeons volent et font des « hug », de nouveaux contribuables à faibles revenus sont créés, retour de la taxe carbone, bidouillage de la TVA.
– Le ministre des finances, normalement de tous les français, déclare : « Je dois être le ministre des entreprises. »
Le chômage est à un niveau record, la pauvreté et la précarité semblent les seules perspectives offertes aux français et le ministre du travail se moque carrément des salariés les moins bien lotis : « Toujours plus riches, plus puissants et plus libres »
– Le gouvernement dit  de « gauche » a fait pire que Sarkozy.  Roms : nette augmentation (+11 000) des évacuations forcées organisées par les forces de l’ordre en 2013… Sans parler de la volte-face sur la loi famille et la PMA…

Je n’attendais pas l’arrivée du collectivisme et le goulag pour les banquiers et les spéculateurs véreux, mais une action immédiate de justice sociale et fiscale après tant d’années de promotion du « chacun pour sa gueule ». Mais c’était sans compter sur la puissance extravagante de l’argent qui corrompt les esprits et les actes. C’est un peu comme le mérule, ce champignon qui pourrit les fondations derrière le Placoplatre.  La liste des actions néfastes est longue et se cache souvent dans le détail, l’aberrante histoire de la taxe sur les transactions financières en est un exemple criant.

Inutile de venir ici faire du démarchage pour le « vote utile » ou attention « Sarkozy le retour saison 1, 2 ou 3 » parce que comme l’indique le Baromètre du JDD : « Hollande lâché par la gauche »

Le parti socialiste, enfin parlons plutôt du PSD, a choisi son camp (EELV aussi au passage), celui de l’austérité et du repli social, je choisis le mien, l’abstention militante (le vote blanc n’ayant aucun impact sur les décisions). »

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Élisabeth Badinter, les prostituées et les caissières de supermarché

Hier soir, probablement en manque d’activité, puisqu’ils sont totalement dépourvus de pouvoirs pour régler les problèmes auxquels les citoyens français sont confrontés, nos vaillants députés, de droite comme de gauche, ont voté à l’Assemblée Nationale, une résolution réaffirmant "la position abolitionniste" de la France en matière de prostitution.

Outre le fait qu’une telle résolution de principe est très loin de résoudre les problèmes que rencontrent les prostituées en matière de santé, de sécurité, de conditions de travail, il m’a semblé que les justifications données par certains de nos députés fleuraient bon la "morale a 10 sous" si cher à notre bonne vieille bourgeoisie française, pétrie d’une volonté d’imposer au petit peuple une morale qu’elle est bien en peine de mettre elle-même en pratique.

Parmi ces propos qui se voulaient vertueux, j’attribuerais le palmarès de l’hypocrisie à Élisabeth Badinter qui, de façon pour le moins maladroite, a tenté de justifier son positionnement pour l’abolition et la pénalisation de la prostitution.

"Si une femme souhaite gagner en trois jours ce que d’autres gagnent en un mois à la caisse d’un supermarché, c’est son droit", a-t-elle dit mettant comme "seule condition, mais elle est essentielle" que la femme "ne soit pas contrainte".

C’est particulièrement la première partie de sa phrase qui m’a énormément interpelée car, par son côté démagogique, elle montre que celle qui la prononce n’est pas choquée par la prostitution elle-même mais par ce qu’elle rapporte à la prostituée.

Pensez donc quelle honte de gagner en trois jours ce qu’une caissière gagne en un mois à la caisse d’un supermarché !

Scandaleux cette argent facile, non?

Diantre ! Madame Badinter est choquée que quelqu’un puisse gagner en une journée ce qu’une caissière gagne en un mois de travail ?

Il ne me semble pas pourtant que Madame Badinter ait exprimée son indignation devant l’augmentation de 16,7 % des dividendes  que lui a rapportés sa situation de principale actionnaire avec 10 47 % de la société Publicis , pour l’exercice de l’année 2010.

La même année, la caissière « de référence » a tout au plus vu son salaire augmenter seulement de 0,01 %…. Quand ce n’est pas une diminution de son salaire qui lui a été imposée justement parce que des actionnaires, comme Madame Badinter, désirait que leurs dividendes augmentent.

Et l’hypocrisie va encore plus loin car Madame Badinter, sans apparemment dénier le droit de la prostituée, mais tout en étant choqué que ça lui rapporte autant, se réfugie derrière l’éternelle fausse compassion en ajoutant que la prostituée a le droit de se prostituer du moment qu’elle n’est pas contrainte de le faire… Ouf! les prostituées sont soulagées Elisabeth Badinter les protèges!

Remarquez, Élisabeth Badinter, en ce qui concerne la situation des femmes souffre toujours, comme le souligne Arrêt sur Images , d’un angle mort  chaque fois qu’il s’agit de Publicis dont elle préside le conseil de surveillance :

« Ce double statut a toujours généré, dans la production philosophique badinterienne, un point aveugle : la violence de l’injonction publicitaire faite aux femmes. »

Mais elle n’est pas la seule à ne pas  vouloir tout voir:

Ce que n’ont pas vu Madame Badinter et ses amis soucieux de remettre un peu de Morale à l’ordre du jour, c’est que leur position de principe qu’ils entendent transformer en loi, va probablement avoir des effets dramatiques, tant financiers que sociaux ou psychologiques, pour bon nombre de personnes.

Mais de cela, nos “bien heureux nantis”, assistés tout au long de leur carrière politique par les finances publiques, ne sauraient se préoccuper !

Alors certes, qu’on fasse des lois pour protéger les prostituées, notamment celles qui font l’objet d’une exploitation sordide et violente, que le Parlement donne à l’administration de l’État les moyens de lutter contre le proxénétisme, tout cela me semble normal au même titre que les règlementations concernant les conditions de travail que n’importe quel travailleur.

Mais il ne me semble pas que la position de principe que les députés ont présenté ce soir entrait dans ce cadre-là. Elle a une connotation morale qui outrepasse largement le rôle et la mission de nos représentants. Et en matière de Morale, Madame Badinter, comme tous ses collègues et amis actionnaires, n’a aucune leçon à donner à qui que ce soit.

Sources : Libération ; Publicis ; les Échos ; Arrêt sur image ; Rue89, Intox2007

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Primaire citoyenne: premier bilan citoyen

Quelle que soit l’aspect spectaculaire que les médias ont voulu donner à cette parenthèse politique, la primaire citoyenne organisée par le parti socialiste, au-delà du résultat que nous connaitrons ce soir, n’est en aucun cas une nouveauté dans la politique, un changement dans la façon de faire de la politique mais, tout au plus, une modification infime d’une tradition des partis politiques y consistait à faire désigner ces candidats aux élections par une commission interne. Alors certes, on se doit de saluer ce changement, mais on se doit aussi d’en souligner les limites, notamment l’absence de citoyens lambda au cours des débats, l’absence de neutralité des autres partis politiques dans le déroulement du processus, etc.

Si on se réfère au projet initial d’organisation de la primaire, les débats avaient pour but de permettre une interaction entre les citoyens et les candidats, d’échanger des suggestions sur le programme de chacun, d’enrichir ainsi le programme du parti socialiste.

Or, le grand absent de tous les débats télévisés aura été le citoyen lambda. il n’a été en aucun cas question des améliorations qu’il souhaite apporter au programme socialiste, des suggestions qu’il a affaire pour améliorer ce programme. Vous conviendrez que pour une primaire qui se qualifiait de citoyenne, la mise à l’écart du citoyen et de sa parole est une grave erreur.

Un autre grand absent de cette primaire aura été le débat contradictoire entre les candidats.

Mis à part la dernière partie du second débat qui a donné lieu à un véritable débat contradictoire entre les candidats, l’ensemble des quatre débats télévisés n’aura été qu’une très longue interrogation orale des différents candidats par  le système médiatique.

En effet, à aucun moment des citoyens ordinaires n’ont été autorisé à questionner les candidats. Que je sache, les journalistes qui ont été autorisés à mener les entretiens, ne sont en aucun cas les porte-parole des citoyens. Le fait même que le parti socialiste ait opté, alors que nous disposons actuellement de moyens technologiques qui permettaient de faire autrement, pour ce type de débat, en dit long sur la crainte qu’il avait d’être confronté à des questions de fond auquel les candidats auraient eu à répondre.

Ce faisant, cela a vidé le débat de toute interaction avec les citoyens. Les candidats se sont cantonnés à énoncer leurs promesses, leurs missions des choses et des problèmes, bref, à faire le service minimum qui sont habitués à faire le recul quel que soit le parti politique, pour être élus.

De la part d’un parti qui se prétend parti du changement, ce conformisme, ce traditionalisme politique et de très mauvais augure pour la suite. Vous comprendrez que reléguer volontairement le citoyen au rôle de spectateurs des débats, c’est vouloir le maintenir éloigné de la question politique, du pouvoir et de son exercice. Or le véritable changement , le seul qui permettra de reléguer l’économique au rang de moyen qu’il n’aurait jamais dû quitter, de redonner à l’Etat sa place essentielle dans le processus décisionnel,  passe obligatoirement par la reprise de pouvoir  du champ politique par les citoyens.

La primaire ayant pour but officiel de donner aux électeurs de gauche la possibilité de désigner le candidat qui représentera le parti socialiste lors de la présidentielle de 2012, afin que ce ne soit pas un comité Théodule qui, dans le plus grand secret des jeux d’appareils, désigne ce dernier, force est de constater, en observant le ralliement qui se sont multipliés pendant l’entre deux tours, en supputant les négociations pour des postes qui les ont sous-tendu, que cet objectif est quelque peu dénaturé.

Sommes-nous réellement sûrs que nous allons désigner un candidat finaliste uniquement sur son programme ou parce que tel ou tel ce sera rallié à lui ? Certes, on sait désormais (si on ne le savait pas déjà) qui soutient qui au sein du PS, qui le fait par conviction politique, qui le fait intérêts personnels, qui le fait pour être fidèle à ses engagements de campagne.

Et en cela, certains professionnels de l’OPA écologiste l’on très bien compris, quitte à mettre leurs militants, d’ici, quelque mois, dans une position difficile.

Pour mémoire, souvenons-nous que le parti écologique EELV n’a pas organisés de primaire ouverte à l’ensemble des électeurs de gauche  pour désigner son candidat à l’élection présidentielle de 2012. Se faisant, le message était clair, EELV n’entendait pas laisser quelques partis et électeurs que ce soit autre que ses militants et ses dirigeants s’ingéraient dans cette élection. Cela peut se concevoir parfaitement mais, ceux qui se conçoit nettement moins facilement c’est que ce parti politique vienne aujourd’hui prendre position pour un des deux finalistes et s’ingérer ainsi dans un processus auquel il a lui-même refusé de participer. En gros, certains leaders de l’EELV sont en train de nous dire : "je peux faire aux autres ce que je ne voulais pas qu’on me fasse" .

Reconnaissez que c’est une façon de faire de la politique extrêmement étrange qui révèle un manque de respect pour les autres très surprenants de la part de ceux qui réclament à cor et à cri le respect de l’environnement.

D’un autre côté, que pouvait-on attendre de personnes qui, au moment du débat sur la taxe carbone, ont montré de façon évidente leur mépris pour les classes les plus défavorisées de notre pays. Que pouvait-on attendre de personnes qui, on fait une OPA sur l’écologie et prétendent désormais être le seul à pouvoir en parler faute d’en faire.

À ce titre, remercions les socialistes d’avoir organisé cette primaire car elle aura permis de constater que malgré ce qu’ils prétendent, certains écologistes sont des apparatchiks du milieu politique qui, au même titre que leurs confrères de l’UMP, du FN, du modem, du parti socialiste, se sont saisis d’un concept, s’en sont collées l’étiquette, dans le seul et unique but de faire carrière en politique.Je plains sincèrement les électeurs écologistes d’être représentée par de tels individus. Et je leur souhaite bon courage  au moment de la campagne de 2012, pour expliquer qu’il faut voter Eva Joly après avoir dit, aujourd’hui, qu’il faut voter Aubry!

Reste a saluer l’unique avantage stratégique de cette primaire: avoir cloué le bec  à la majorité présidentielle.

Les réactions de la "faction agissante"  de la majorité présidentielle face à cette primaire sont quasiment jouissive et révélatrice de son désarroi face à la rupture de sa stratégie de campagne pour 2012. Jouissive et quelque peut révoltante quand on constate que nos ministre sont nettement plus mobilisés par  la primaire citoyenne que par le traitement du chômage, de la dette publique et la dégradation de notre système de sante.

Faut-il leur rappeler qu’il y a actuellement en France on doit frôler les 6 millions de chômeurs ?

Faut-il leur rappeler que la Dette Publique Française , au 1er trimestre 2011, atteignait le montant de 1 650 000 000 000 € ?

Faut-il leur rappeler que 29% des Français ont dû renoncer à se soigner ou reporter des soins faute de moyens ces derniers mois, 11% il y a 2 ans ?

Dans la mesure où un des piliers de son action politique actuelle et à venir est constitué par son omniprésence médiatique, la majorité présidentielle voit d’un très mauvais œil la mise en lumière d’une gauche qui veut lui prendre la place dorée et lucrative qu’elle considère comme la sienne ad vitam aeternam.

Et pour cause!

Outre qu’elle montre que d’autres solutions aux problèmes que rencontre le pays étaient possibles, alors que l’UMP affirmait que le PS n’avait aucun projet, aucun programme,  la campagne médiatique inhérente à la primaire fait de l’ombre au candidat perpétuel Nicolas Sarkozy, en reléguant ses gesticulations internationales à l’arrière-plan des préoccupations des Français. Elle vient casser la tentative de revalorisation d’ l’image internationale du candidat Nicolas Sarkozy à l’heure ou son bilan d’actions est une catastrophe et ou sa popularité est au plus bas.

Qui plus est, bien qu’imparfaite comme souligné plus haut, cette primaire citoyenne met en évidence une grave carence démocratique et républicaine de la droite français. Se sachant parfaitement incapable, parce que totalement divisée -pour ne pas dire émiettée – de mettre en place une primaire pour désigner le candidat qui représenterait la droite, le seul moyen de se remettre en scène – et de masquer cette carence – qu’a trouvé l’UMP va être de casser du gauchiste (traduisez du socialiste).

Réaction très dangereuse car les millions de téléspectateurs qui ont suivi les débats télévisés ont parfaitement pu se rendre compte par eux même qui si il y avait "gauchisme" ce n’était certainement pas un gauchisme "bolchévique", mais un gauchisme très "centriste"!

Au demeurant, tout autant que l’absence des citoyens dans la réflexion et dans la construction du programme socialiste, l’irresponsabilité de certains politiciens EELV vis à vis de leur militants et de la candidate de leur parti , et le désarroi évident des membres de la majorité présidentielle sont révélatrice d’une conception de la pratique démocratique totalement mortifère.

Au final, alors que la primaire citoyenne aurait pu être un moment de renouvèlement des pratiques politiques, elle ne fait que les conforter :

Le citoyen est relégué à la seule chose qu’on attend de lui : le vote

La participation des citoyens se réduit au NOMBRE de votant

Elle aurait pu être élargie  à leur apport en suggestion et en idée ainsi qu’a leur prise en considération dans l’élaboration du programme. Il n’en a rien été.

Ce sont toujours les professionnels de la politique ( élus et journalistes) qui prennent la parole

La question politique n’est abordée que dans le cadre d’un dialogue entre les journalistes et les représentants de la classe politique

La conséquence désastreuse de cette façon de faire est que l’électeur est enjoint de prendre parti pour une personne et non pour des idées, un projet, un programme. Il est réduit à une "machine à voter" .

L’organisation d’une primaire ne supprime en aucun cas les négociations d’appareils

Alors certes, j’espère que pour certains de mes concitoyens, cette parenthèse de la primaire citoyenne, aura été l’occasion de réfléchir sur leurs attentes en matière de pratiques démocratiques et sur leurs attentes vis-à-vis du personnel politique.

J’espère qu’elle aura été l’occasion de renforcer leur volonté de ne plus être spectateur mais acteurs de la politique.

Mais, je crains fort qu’au lieu de cela, elle ait produit, face au pitoyable spectacle de l’entre deux tours que nous ont donné le PS, le FN, l’UMP, EELV, un renforcement de la tendance à l’abstention.

Sources: Variae; Sarkofrance; Chomiste; La Tribune; Le Figaro; Intox2007 

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