Du 25 mai au 5 juin, les partis politiques, présentant des listes autonomes pour l’élection au parlement européen, se partageront trois heures de spots électoraux sur les télévisions et radios publiques.
La régle:
Accès aux médias:
* Les partis doivent envoyer une demande de participation à la campagne officielle audiovisuelle.
* La liste des partis ayant introduit une demande de participation à la campagne audiovisuelle sera publiée en mai 2009.
Télévision et radio:
* Deux heures de télévision et deux heures de radio pour les partis et les groupes représentés par des groupes parlementaires à l’Assemblée nationale ou au Sénat;
* Une heure de télévision et une heure de radio répartie entre les autres parties et groupes qui ont des listes de candidats dans au moins 5 circonscriptions et ont demandé de pouvoir utiliser le service public de diffusion avant le 5ieme mardi précédent le jour du vote.
Dans la pratique, ce sont les groupes parlementaires,à l’Assemblée nationale et au Sénat, qui parrainent les partis politiques de leur choix pour deux de ces trois heures d’antenne.
Six partis se partageront ce temps de parole.
Bien évidemment on retrouve dans ce groupe de privilégiés l’UMP, le PS, le PCF, mais aussi le Nouveau Centre , le PRG et le Modem.
En toute logique, le PRG ne présentant pas de listes aux européennes, devraient être exclu du temps d’antenne.
Le Nouveau Centre, faisant listes communes avec l’UMP, donc pas de liste autonome,ne devrait pas bénéficier d’un temps d’antenne particulier.
Quant au Modem, ne disposant de groupes parlementaires ni à l’assemblée nationale ni au Sénat, il devrait rejoindre le groupe des 10 autres partis politiques qui se partageront la dernière heure d’antenne restante.
Mais tel ne sera pas le cas.
Le Modem, bénéficiera des vingt minutes d’antenne réservées aux grandes formations, au lieu des trois minutes et vingt secondes que, normalement, il aurait dû avoir.
Par quel miracle ?
Tout simplement par la grâce de Michel Mercier, président du groupe centriste au Sénat, et néanmoins trésorier du Mouvement Démocrate.
Selon les informations obtenues par rue89, c’est lors d’une réunion du groupe centriste, il y a 15 jours, qu’un vote a été organisé au sein du groupe. Ce vote a fait apparaître sur 22 suffrages exprimés, 11 suffrages pour parrainer le modem et 11 suffrages contre ce parrainage. C’est donc que Michel Mercier qui, grâce à son vote en tant que président du groupe, a fait obtenir à François Bayrou et à son parti, ce privilège exorbitant à la règle républicaine.
À ce stade de l’histoire, un rappel ne paraît nécessaire :
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le groupe centriste au Sénat est constitué de 29 membres, dont 10 sont encartés au Nouveau Centre et 19 à l’UDF -Modem.
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sur c’est 19 sénateurs, seuls 6 soutiennent François Bayrou.
parmi ses sénateurs aucun n’a été élu sous la seule étiquette Modem, alors qu’à l’époque de leur élection le Modem existait déjà en tant que parti politique.
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les 23 autres sénateurs, appartenant au groupe centriste, sous la houlette de Michel Mercier, soutiennent très largement la politique de Nicolas Sarkozy.
Il n’est d’ailleurs un secret pour personne que Michel Mercier est pressenti pour le poste de ministre de l’agriculture dans le prochain gouvernement de Nicolas Sarkozy.
Il est nettement reconnu par ses collègues centristes comme celui qui « fait aussi le job pour Nicolas Sarkozy ».
«C’est un dernier cadeau de Mercier à Bayrou avant d’aller au gouvernement», prétend un sénateur Nouveau Centre.
Grâce à ce magnifique cadeau, le mouvement de François Bayrou échappe au traitement réservé aux petites formations ou alliances.
Mais pourquoi un tel cadeau?
Certains pensent que le geste de Michel Mercier est lié au « long passé politique commun » avec François Bayrou.
D’autres, sénateurs encartés au Nouveau Centre, pensent que le choix de Michel Mercier est davantage politicien, et constitue une sorte de cadeau d’adieu : « C’est un dernier cadeau à Bayrou pour solde de tout compte de leur long passé politique commun, avant que Mercier ne rejoigne probablement le gouvernement. Il y a une sorte de boyscoutisme chez les centristes… L’Elysée n’en a tenu rigueur à personne dans le groupe, ils ont été grands seigneurs dans cette affaire. »
« Ce n’est pas un choix politique. D’ailleurs, on n’aurait pas dû voter, il ne fallait pas parrainer de parti. Mais bon, on a quand même une vie de groupe à gérer et il y avait quelques tensions. On ne voulait pas continuer à faire la guerre à Bayrou. Et c’est aussi un enjeu démocratique car Bayrou va faire au moins 10% aux européennes. »
Jean Arthuis, qui avait choisi de voter blanc, ne souhaitait pas s’opposer par principe au parrainage du MoDem par le groupe Union centriste, malgré ses craintes : « Parrainer est un grand mot, disons qu’on ne s’y est pas tous opposés. Essentiellement pour ne pas victimiser Bayrou : qu’aurait-il dit si nous avions décidé du contraire ? Mais j’espère qu’on n’aura pas à la regretter et que ça lui permettra d’exprimer ses idées sur l’Europe. Parce que, pour l’instant, on semble déjà dans une pré-présidentielle. J’espère qu’il aura un sursaut d’éthique. »
Le message est donc claire vis-à-vis de François Bayrou : un cadeau, oui, mais pas sans contrepartie.
Et de toute évidence, le message est clairement compris et la contrepartie acceptée, si on considère les récentes attaques répétées de Marielle de Sarnez, de Jean-François Kahn et de Jean-Luc Bennahmias (ex-Vert), envers Daniel Cohn-Bendit.
Les trois têtes de liste du modem, en contrepartie de 20 minutes de temps d’antenne, semblent s’être chargés de "l’élimination" du représentant d’une liste qui a de fortes chances de venir grapiller le gâteau politique qu’UMP, PS et centre entendent bien continuer à se partager, tout en détournant l’attention des électeurs de l’obsession "Sarkozyienne"de François Bayrou.
Ainsi donc,Marielle de Sarnez, tête de liste du modem pour les élections européennes, n’a pas hésité, lors d’une interview donnée à Canal+, le 19 mai dernier, a affirmer :"Ce n’est pas bien que les contribuables français financent au fond de la publicité pour l’UMP, ce n’est pas correct, ce n’est pas civique…J’ai du respect pour François Bayrou, pour son parcours, pour son itinéraire, et sa cohérence. Vous comprendrez que je ne partage pas votre analyse."
Attaques reprises par Jean-Luc Bennahmias (ex-Vert),qui accuse: "Dany, si la campagne d’Europe-Ecologie ne te suffit pas, tu n’es pas obligé de mener la campagne de l’UMP", ou bien Jean-François Kahn qui pense faire de l’humour en affirmant:"J’ai croisé ce matin Daniel Cohn-Bendit et je lui ai dit: je découvre que tu fais de la politique comme les vieux".
Quant à François Bayrou, il prétend qu’ "il existe toujours un recours contre les abus de pouvoir, et ce recours c’est le peuple".
J’espère que les électeurs, désormais informés de la délibération « peu catholique » qui attribue au Modem un temps d’antenne « préférentiel », sauront faire savoir à ses candidats qu’ils n’acceptent plus leurs dérives !
Il serait intéressant de savoir ce que les têtes de liste du Modem, et son président, répondraient si on leur demandait si il est "corrects et civiques" d’accepter le cadeau que les sénateurs centristes ont fait au Modem?
il serait également intéressant de connaître leur réponse quant à la cohérence de François Bayrou qui, d’un côté tape à tour de bras sur Nicolas Sarkozy, mais accepte que les sénateurs du groupe nouveau centre (qui soutiennent Nicolas Sarkozy) lui fasse cadeau de 20 minutes d’antenne auquelles ne devait pas avoir droit.
Car si cela, ce n’est pas "faire de la politique comme les vieux", mener la campagne de l’UMP, qu’est-ce que c’est ?
Au-delà de ces "petits arrangements entre amis", il n’en demeure pas moins que, le mouvement politique de François Bayrou bénéficie d’un traitement dont d’autres, moins bien loti, ne bénéficieront pas.
C’est le cas du Nouveau parti anticapitaliste d’Olivier Besancenot, qui ne se privent pas de qualifier la campagne audiovisuelle de «belle arnaque» et de condamner « l’avantage démesuré donné aux partis institutionnels…’un côté deux heures pour les 6 groupes parlementaires, de l’autre une heure pour les 17 autres listes se présentant dans au moins cinq circonscriptions».
Mouvement Démocrate
L’express
Le Point
Rue89
Libération
RTL